Amendement de M. Tavel (LFI) · projet de loi de finances pour 2026
L'amendement n° 2561 de M. Tavel après l'article 12 du projet de loi de finances pour 2026
Le 14 novembre 2025, l'Assemblée nationale a rejeté l'amendement n° 2561 de M. Tavel après l'article 12 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture) par 34 voix pour, 72 contre et 2 abstentions (108 votants sur 577). Ont voté pour, en majorité : LFI (22/71), GDR (1/17), ECO (2/38), SOC (9/69). Contre : LIOT (3/22), DEM (6/36), EPR (16/91), HOR (6/34), DR (9/49), UDR (5/16), RN (27/123). Absents ou non-votants en majorité : NI (9/9).
Ce que l'auteur de l'amendement explique
« Par cet amendement, le groupe de La France insoumise propose de conditionner le bénéfice du crédit d'impôt recherche (CIR) aux entreprises qui mettent en place une politique vertueuse de rémunération des salarié·es. Cet amendement est une réponse à l’accélération sans borne des écarts de rémunération dans les grandes entreprises : au sein du CAC 40, l’écart de rémunération entre celle du dirigeant et le salaire moyen de la même entreprise a augmenté de 75 % en 10 ans. Le Directeur Général de Stellantis, M. Carlos Tavares a touché en 2023 un salaire de 36,5 millions d’euros : 518 fois le salaire moyen de son entreprise, et 1700 fois le Smic. Il s’est augmenté de 56 % quand la négociation annuelle obligatoire (NAO) dans l’entreprise proposait, pour les salariés, une augmentation moyenne de 3,5 %. Une répartition plus juste des richesses invite à mettre en place un encadrement des rémunérations au sein d’une même entreprise, pour garantir un écart de 1 à 20 entre le salaire le plus bas et la rémunération la plus haute dans une même entreprise privée. La recherche et l’innovation sont les principales sources de production de la valeur dans nos entreprises. Il n’y aucune légitimité pour qu’un patron, qui ne produit aucune richesse réelle, soit rémunéré 500 ou 1000 fois plus que les chercheurs et les chercheuses. D’autant plus que ces salaires indécents participent à la compression des rémunérations des autres salarié·es du collectif de travail. L’innovation dans une entreprise n’étant pas possible sans ses salarié·es, il convient d’encadrer les rémunérations pour mieux valoriser les personnels qui participent réellement aux activés de recherches. Nous proposons donc de supprimer la possibilité de bénéficier du crédit d’impôt recherche pour les entreprises qui ne mettraient pas en place ce type d’encadrement des salaires. »
Exposé sommaire déposé par M. Tavel (LFI). C'est son argument, cité tel quel.
Texte de l'amendement
I. – L’article 244 quater B du code général des impôts est complété par un VII ainsi rédigé : « VII. – Lorsqu’une société bénéficie du crédit d’impôt mentionné au I, celle-ci s’engage à respecter un encadrement des écarts de rémunération au sein d’une même entreprise, tel que prévu aux articles L. 3230‑1 et suivants du code du travail. « Dans le cas contraire, l’entreprise se voit privée de possibilité de bénéficier de crédit d’impôt pour les deux années suivantes et l’État peut exiger le remboursement du crédit d’impôt perçu. » II. – Au début du titre III du livre II de la troisième partie du code du travail, il est inséré un chapitre préliminaire ainsi rédigé : « Chapitre préliminaire « Encadrement des écarts de rémunération au sein d’une même entreprise « Art. L. 3230‑1. – Les dispositions du présent chapitre sont applicables aux salariés ou mandataires sociaux, qu’ils soient ou non régis par le présent code, des sociétés, groupements ou personnes morales, quel que soit leur statut juridique, et des établissements publics à caractère industriel et commercial. « Art. L. 3230‑2. – Le montant annuel du salaire maximal ou de la rémunération maximale appliqué dans une entreprise ment
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